Il n’y a pas eu de peintres à proprement parlé à Dreux avant le XXe siècle. Le seul peintre drouais de ce nom du tout début du XIXe siècle fut Martin Pierre d’Alvimare.
Martin Pierre D'ALVIMARE. Né à Dreux en 1772, musicien harpiste talentueux, maÎtre de musique de l’impératrice Joséphine, il fut aussi un talentueux dessinateur et aquarelliste. Il a laissé ainsi de nombreux dessins et peintures sur la vie quotidienne à Dreux du début du XIXe siècle que l’on peut admirer dans les deux musées de Dreux, en particulier à l’Écomusée des vignerons et artisans drouais et en reproduction dans les ouvrages d’histoire locale. Comme des gouaches représentant l’église St-Pierre ou les arcades de la Maison des Aydes, ou l'abreuvoir de l’actuelle place Louis-Philippe vers 1820.
Début du XXe siècle. Dans l’almanach drouais « Le Rotrou » de 1904, on peut lire l’annonce publicitaire ou plutôt la « réclame » suivante : « E. MICHON. Cours de dessin et de peinture les mardi et vendredi. Leçons particulières, Peintures décoratives. Restaurations et copies de tableaux. Décorations artistiques d’appartements et d’églises. ». Mais qui était ce peintre décorateur drouais ?
Édouard Henry MICHON né à Anet le 23 février 1860 et mort en 1943. Il fut l’élève à Paris de Tony Robert FLEURY, peintre renommé pour ses compositions historiques et ses scènes de genre. Il fréquenta aussi Alfred Henri BREMTOT qui habitait à la Garenne-sur-Eure, particulièrement apprécié pour ses décors de monuments publics comme les salles de mairies. C’est avec ces maîtres reconnus qu’Édouard MICHON devint un décorateur mural apprécié. On peut encore découvrir à Dreux plusieurs exemples des décorations murales d’Edouard MICHON, notamment à l’ancienne Caisse d’Épargne-Mairie et à l’école primaire St-Martin.
Fresques murales décorant la salle des mariages de l’ancienne mairie située au-dessus de l’ancienne Caisse d’Épargne (actuellement le « Dôme »). Le magnifique plafond reprend la mythologie drouaise en montrant un druide cueillant le gui avec la devise « Au gui l’An Neuf ». Sur les deux murs du fond, se font face deux grandes figures drouaises : Jean ROTROU, poète dramaturge et Clément II MÉTÉZEAU, architecte du roi Louis XIII.
Les huit médaillons de la frise supérieure représentent des célébrités locales : ROBERT Ier, premier comte de Dreux ; deux généraux de Napoléon 1er de SÉNARMONT et de BILLY ; DESMOUSSEAUX, député de Dreux ; GODEAU, poète et Évêque de Vence ; MARQUIS, Botaniste ; PHILIDOR, musicien et joueur d'échecs ; MÉSIRARD, Maire de Dreux. L’ensemble du bâtiment est inscrit au titre des monuments historiques.
Fresques murales décorant une salle de l’école St-Martin : Ces fresques furent réalisées en 1898 alors que les bâtiments étaient ceux du pensionnat St-Pierre, dirigé par les frères des écoles chrétiennes. Elles donnent un formidable aperçu de Dreux à la fin du XIXe siècle avec le pensionnat, la Chapelle royale, la Grand-Rue, le beffroi, les maisons à pan de bois de la rue Illiers, la statue de Rotrou et la Tourelle. Le pavillon de chasse et la croix carrée dans la forêt domaniale de Dreux sont également représentés. Nous pouvons dire ainsi qu’Édouard Michon a célébré les personnalités drouaises dans la salle de l’ancienne mairie et les monuments drouais dans la salle de l’actuelle école St-Martin.
Si les fresques de l’ancienne mairie ont été magnifiquement restaurées, celles de l’école St-Martin sont en piteux état, rongées par la crasse et l’humidité. Et pourtant ces fresques sont incluses dans l’inscription de l’ancien pensionnat St-Pierre au titre du patrimoine architectural de la base « Mérimée ».