La lumière traverse les grandes fenêtres de son atelier et révèle des tentures, des photographies, des végétaux séchés ou encore des carnets ouverts sur une table. Dans cet espace lumineux où elle accueille librement les visiteurs chaque samedi matin, Alexandra de Lapierre crée sans jamais s’enfermer dans une seule discipline.
Pendant de nombreuses années, elle travaille comme graphiste dans l’industrie musicale. Lorsque le streaming bouleverse le secteur, elle choisit de se réinventer et se lance à son compte. À 50 ans, elle est photographe de spectacle vivant et accompagne des compagnies durant plusieurs mois, de la naissance d’un projet jusqu’à sa rencontre avec le public.
Son côté plasticienne vit en elle depuis sa plus tendre enfance. Au fil des années, son langage artistique évolue au rythme des phases de sa vie, de ses envies, découvertes et des matières qui croisent son chemin. « Je me laisse guider par les matériaux, que je choisis toujours de récupération », explique-t-elle. Une photographie, un morceau de lin, un végétal ramassé lors d’une promenade ou un drap ancien peuvent ainsi devenir le point de départ d’une nouvelle œuvre.
Cet été, elle présentait à l’Abbaye Saint-Nicolas une première série de carnets d’artistes et de grands formats. Composés de photographies, d’herbiers, de coutures, de tampons et d’écritures libres, ils explorent la mémoire familiale, les souvenirs et les héritages émotionnels. Dans son atelier, une autre série poursuit cette recherche à travers la création d’une robe de mariée revisitée grâce à des impressions végétales et des tentures issues du trousseau de la mariée.
Chaque création devient une nouvelle narration, où les supports dialoguent entre eux et invitent chacun à construire sa propre lecture. Cette démarche l’a conduite à investir, en décembre 2025, un logement-atelier aménagé à Verneuil, à la suite d’un appel à candidatures. Depuis, Alexandra y développe son travail tout en ouvrant régulièrement ses portes au public..
Sa recherche artistique continue aujourd’hui autour de la pierre du grison, emblématique de l’Eure. À travers cette pierre, l’artiste poursuit aussi une quête plus personnelle : apprendre à connaître sa ville et sa région d’adoption. En parallèle, elle souhaite transmettre sa démarche lors d’ateliers où chacun est invité à transformer ses propres photographies, ses souvenirs et ses trouvailles en carnet d’artiste. « On est tous un artiste. Il faut simplement se laisser aller à son intuition ».
Alexandra de Lapierre
Place de la Madeleine - VERNEUIL D’AVRE ET D’ITON
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