L’histoire du tableau La Vierge à l’Enfant avec Saint-Jean-Baptiste de l’église de Saint-Jean-de-Rebervilliers relève du conte de fée. Ce tableau, inscrit au titre des Monuments historiques depuis août 2021, est peint sur un panneau de chêne. « Quand on m’a demandé de faire un devis pour la restauration de ce tableau, je n’étais pas enthousiaste. Ce tableau paraissait être du XIXe siècle et présentait peu d’intérêt, mais le collègue avec qui je travaille, spécialisé dans les œuvres peintes sur bois, a découvert que le bois datait du XVIe ou XVIIe siècle. En l’examinant de plus près, j’ai commencé à faire des tests de nettoyage et découvert des éléments entièrement cachés. Le tableau était repeint à 90 %. Les seules parties qui me semblaient jolies au départ était celles qui n’avaient pas été cachées. Justes quelques éléments de détails comme des fleurs et un vase », explique Laurence Mugniot, restauratrice en charge de la sauvegarde du tableau.
Après un test sur un coin du tableau, peu à peu l’intensité des couleurs se révèle, liée à la technique du XVIe siècle, l’expression et la finesse des visages, la netteté de l’agneau et plein d’autres détails avec des repeints de pudeur et de modestie pour cacher le sexe des enfants et le sein de la Vierge. « Une décision collective sera prise quant à la nature de la restauration », explique la restauratrice.
Mercredi 10 juin, Caroline Barré, maire de Saint-Jean-de-Rebervilliers, présentait l’histoire du tableau de l’église du village et détaillait le financement de cette restauration. « La commune a bénéficié de plusieurs aides. Le tableau a été le grand gagnant de la cinquième édition du concours Le Plus Grand Musée de France (il a obtenu 43 % des suffrages, soit 2988 votes) porté par la fondation Sauvegarde de l’Art Français de l’assureur Allianz France », indiquait l’élue.
La remise d’un chèque de 8.000 € avait lieu en présence de Christophe Le Dorven, président du Conseil départemental et président de l’Agglo du Pays de Dreux, de Christelle Minard, députée, d’Albéric de Montgolfier, sénateur, de Christophe Hériard, sous-préfet de Dreux, ainsi que de la restauratrice Laurence Mugniot, l'Abbé François Muchery, Célia Rousselet d’Allianz France et Victoire Collonnier de Sauvegarde de l’Art Français et de nombreux habitants du village. La restauration de cette œuvre a bénéficié d’une aide de 3.500 € du Conseil départemental d’Eure-et-Loir dans le cadre du Plan Eglises et Petits Patrimoines remarquables.