La Quatrième République fut un régime républicain en vigueur en France du 27 octobre 1946 au 4 octobre 1958. Elle est instituée après la période du Gouvernement Provisoire de la République Française, qui fait suite à la Libération de la France de l'Occupation allemande. Malgré la grave crise qu'avait connue la République au cours des années 1930, elle reste globalement fidèle au modèle parlementaire qui s'était imposé à partir de 1875. Ce nouveau régime républicain doit assurer la reconstruction et relancer l’économie après la guerre.
Et à Dreux, pendant cette période de 12 ans, Maurice Viollette reste le maire en place. Réélu après la guerre en 1945, puis en 1953, il ne laissera sa place qu’en 1959, après 52 ans de fonction et à un an de son décès, à 90 ans en 1960, à son successeur George Rastel.
Georges Rastel, né le 28 octobre 1910 à Montgeron et mort le 27 avril 1993 à Vernouillet, fut successivement un haut fonctionnaire des finances, un résistant et un préfet d’Eure-et-Loir. Il fit une incursion très brève au gouvernement Ramadier et à l'Assemblée nationale sous étiquette UDSR. Élu au conseil municipal de Dreux en 1953, il en est le maire de 1959 à 1965, succédant à Maurice Viollette. Il est également conseiller général du canton. Tout en étant maire de Dreux, il reprend sa carrière dans l'administration en tant que trésorier général de l'Algérie en 1960, puis du Loiret en 1961.
Pendant ces deux mandats de maire, Viollette et Rastel, la guerre d’Algérie, nommée à l’époque les « événements d’Algérie » s’est douloureusement invitée dans la vie drouaise.
Dès 1959, Dreux devient l'un des premiers refuges pour des familles harkis exfiltrées d'Algérie. Dans ce quartier d'urgence, une communauté se reconstruit, portée par la solidarité, malgré la méfiance et les difficultés. Quatre ans plus tard, Dreux se porte volontaire pour accueillir d’autres réfugiés en faisant miroiter des logements vacants dans le quartier Prod’homme – une cité d’urgence construite par Emmaüs – et la possibilité, pour les hommes, de travailler dans la proche usine Renault, située à Flins.
Manifestation des rappelés à la gare de Dreux. En avril 1956, le gouvernement Guy Mollet décida de mobiliser les rappelés. Les manifestations de rappelés commencèrent dans les jours qui suivirent cette décision. La plupart de ces soldats des régiments de réserve avaient un travail et n'avaient aucune envie de quitter leur famille, ni de risquer de se faire tuer pour une guerre dont ils pensaient qu'elle ne les concernait pas. Ils bénéficiaient souvent du soutien d'une partie de la population. Parfois, dans une usine, quand un ouvrier recevait sa feuille de route, les ouvriers débrayaient en signe de protestation.
Les rappelés tentaient de bloquer les trains, refusaient de monter, saccageaient la gare, insultaient les officiers et, une fois dans le train, tiraient les sonnettes d'alarme pour l'arrêter. Le mercredi 18 avril 1956, 700 rappelés mettaient à sac la gare de Dreux aux cris de « Lacoste au poteau » (Lacoste était le ministre socialiste résident à Alger), « Mollet au poteau ».
Cet événement fut relaté dans le film « R.A.S » d’Yves Boisset de 1973 et filmé à la gare de Dreux. De nombreuses fois des gendarmes, accompagnés d’un membre de la mairie, annoncèrent à la famille la disparition d’un jeune Drouais dans un conflit extérieur qui semblait ne pas le concerner.
La Quatrième République se termina en 1958 par le retour au pouvoir du Général de Gaulle et une nouvelle constitution, la « Cinquième République ».
PS. Il n’existe pas à Dreux de Rue Georges Rastel. Alors que les maires Cauchon et Hieaux ont chacun un pont à leur nom.