En quelques mots...
1ère partie : L’émergence du concept de sécurité collective et l’échec de la SDN (1920-1945)
Jean-Jacques renoliet, professeur d'histoire.
Les sociétés humaines ayant vécu de tous temps « à l’ombre de la guerre » (Raymond Aron), l’aspiration à la paix a été universelle et permanente. Pendant plusieurs siècles la paix a été précaire, car résultant de rapports de force fluctuants entre Etats, même dans le cadre d’un système international tendant vers un équilibre entre grandes puissances institué par le système westphalien (1648) et renouvelé par le concert des nations mis en place par le Congrès de Vienne (1814-1815) à l’issue des guerres napoléoniennes. Au cours des XVIIIème et XIXème siècles, la persistance des guerres a donc activé la réflexion pour aboutir à une paix durable grâce à l’essor du multilatéralisme et à l’émergence du concept de sécurité collective, à savoir la garantie collective d’indépendance et d’intégrité territoriale donnée à chaque Etat par tous les autres. Le bilan humain et matériel inédit de la 1ère Guerre mondiale a poussé les puissances victorieuses à créer une organisation internationale chargée de préserver la paix mondiale, la Société des Nations (SDN), dont l’échec politique fut patent puisque, 20 ans après sa création, elle ne put empêcher la survenue de la 2ème Guerre mondiale, mais dont l’œuvre technique, juste amorcée, fut prometteuse.